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Chronique de Péronne

D’autres récits et témoignages de la Summer Peace School qui s’est déroulée à Péronne (France) du 20 au 26 mai.

Les jeunes participants ont pu être accueillis comme des visiteurs « privilégiés » de l’Historial de la Grande Guerre, l’un des plus importants sites de commémoration de la Première Guerre Mondiale. Grâce notamment à l’accueil et à la disponibilité de Madame Evelyne Damay, conseillère pédagogique au musée, ils ont pu toucher certains objets (obus, casques, sacoches…), afin de ressentir plus directement la réalité de la guerre et de la souffrance des soldats.
« J’aspire à trouver un endroit où tous sont réunis. Au cratère de Lochnager un visiteur parlait de son arrière-grandpère. Cette glorifiaction me cause un problème…. Au cratère, je m’attendais à un mémorial, au lieu de cela j’ai trouvé une glorification britannique du déclenchement de la bataille de la Somme. …J’ai pris conscience du nombre de morts ! Au cratère, j’imaginais l’explosion…. »
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Toujours à l’Historial, des ateliers de recherche, d’analyse de textes et d’écriture ont été organisés, avec l’aide de Madame Lucie Balin, Commissionaire de l’exposition « Les Ecrivains dans la Guerre/ Nous sommes de machines à oublier » », Historial, 2016. Les jeunes européens ont ainsi accéder au Centre de documentation su site, habituellement ouvert aux chercheurs! Ils ont travaillé à partir d’ auteurs tels qu’Alfred Lichtenstein, Pierre Loti, JRR Tolkien, ou sur des thèmes de recherches, Vie et destins des civils, Economie, destructions et propagande durant la Grande Guerre.
« Dans les Archives, le livre que j’ai consulté était exactement celui que j’avais demandé ! Les dames s’étaient donné du mal !… J’ai découvert des informations sur les victimes en Roumanie. Deux fois plus de civils que de militaires !… »
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En parallèle, durant le séjour, des ateliers « Mouvements et Sons » ont été menés avec l’actrice Astrid Rashed. A partir des éléments qui ont impressionné les participants, des scènes sont esquissées, avec des textes, des mots inducteurs. Petit à petit, les jeunes ont construit une « fresque théâtrale », exprimant leurs recherches, leurs sentiments et leurs découvertes au cours de la session. Ce travail a trouvé son aboutissement en étant présenté à l’Historial à la fin du séjour.
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Pour en savoir plus, lire le journal du bord: Chronique Péronne Mai 2017
le témoignage de Madame Damay: Letter from E_DAMAY_June 2107
-> Voir plus d’images

 

 

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Journey in Peronne (France)

Already five Summer Peace Schools for the VoCE project!
See the pictures
This event, which stood between 21 and 27 of the month of may 2017, has been constitued by a work of poetry and theater, in some places of very high symbol and emotion. Péronne, in France, has got one of the most important museum and monuments devoted to the memories of the First World War.
The words written by the Bosnian Young people who took part of the project are the best account of the time they shared together:

War – every war is the same.
Killed, wounded, tortured….
Starving…
Ruins…..
But, in the end, war finished.
Then the only thing left is sadness, pain and wounds that are hard to heal but will pass one day  : you are the living experience for that.
100 years ago you have passed through hell, hate and conflict,
But now you are the leading and brotherly forces in Europe.
After all you’ve been through and what your ancestors thought, today you progress, move forward.
During these few days you showed that to us.
You were spending time together, visiting monuments, talking about the past together. You are well aware of what had happened.
But you, new generations, are together again and keep history not to be forgotten.

But we….
Small country Bosnia and Herzegovina, which lots of people never heard about, we are experiencing sadness for 20 years, and we are counting.
We lost our families,
We are growing up without parents, brothers or sisters.
We try to move beyond but our wounds are still fresh and they do not pass.
Mostly because of our Presidents.
All monuments, cemeteries, museums that we have seen here awakened compassion and sadness within us
And we would love our country to do the same.
How could we show you, one day, our history one-hundred-percent
And make you feel like you made feel us!
We want to tell you that in front of GOD we are all the same, brothers and sisters, and that all children are OUR children, and that all dead people are OUR people.
We think that we must not separate by percentage people who died for their country and freedom.
Therefore we need to raise a monument for them and not allow them to be forgotten.
We hope that our politicians one day will do the same thing, and that they will understand that only if we are together we can do anything good and make a better future for us.
But as long as they separate us, still talking about war and encourage us to hate, we are bound to stay on spot.
Because, even after 22 years, the main question and topic among our political leaders is: “Who is guilty?”
Is that still important?
Guilty – are all the people who created that war…
And after all we are here to uphold the legacy, memory of our dead ones, to rebuild our country but for peace and love among us as decided by a higher force.

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Summer Peace School à Péronne

Cinq Summer Peace Schools déjà pour le projet VoCE!
Voir les photos
Cette édition, qui s’est déroulée du 21 au 27 mai 2017, a constitué en un travail d’écriture et de théâtre, dans des lieux hautement symboliques et chargés d’émotions.
Ce sont les mots écrits par le groupe des participants bosniens qui pourront le plus rendre compte de l’importance et de la richesse humaine de cet évènement:

La guerre –
Chacune ressemble aux autres.
Des morts, des blessés, des torturés, des affamés, et des ruines….
Et à son issue, une fin.
La tristesse comme seul résultat, avec la douleur et les plaies.
C’était long à guérir mais un jour, c’était passé
Et vous les Européens, en êtes l’exemple vivant.
Il y a 100 ans, vous traversiez l’enfer, la haine et le conflit,
Et maintenant, vous êtes les forces motrices et fraternelles en Europe.
Après tout ce que vous avez traversé, après tout ce que vos ancêtres ont pensé, vous progressez, vous allez de l’avant.
C’est ce que vous nous avez montré durant ces quelques jours :
Vous passez du temps ensemble, vous visitez les monuments,
Vous échangez ensemble sur le passé.
Ayant conscience de ce qui s’était passé,vous les jeunes générations, vous êtes réunis désormais, et vous empêchez la mémoire de l’histoire d’être oubliée.
Mais nous autres – petit pays Bosnie-Herzégovine, dont beaucoup n’ont jamais entendu parler,
Nous traversons la tristesse depuis vingt-deux années et nous les comptons.
Nous avons perdu nos familles,
Nous grandissons sans parents, frères ou sœurs…
Nous nous efforçons de nous dépasser mais nos blessures sont encore fraîches et ne se referment pas.
La cause en est, pour l’essentiel, nos Présidents.
Les monuments, cimetières, musées que nous avons vus ici ont éveillé en nous de la compassion et du regret.
Nous aimerions tant que notre pays en fasse de même !
Comment pourrions-nous, un jour, vous montrer cent-pourcent de notre histoire et vous faire ressentir ce que nous avons ressenti pour vous !Nous voulons dire que face à Dieu nous sommes tous égaux,
Des frères et des sœurs
Et que tous les enfants sont nos enfants et que tous les morts sont nos morts.
Nous pensons que nous ne pouvons pas séparer par pourcentages tous ces gens qui sont morts pour leur pays et pour la liberté.
Et donc nous avons besoin d’ériger un monument afin qu’ils ne soient pas oubliés.
Nous espérons que nos politiciens deviendront, un jour, actifs
Et qu’ils comprendront que c’est seulement ensemble que nous pourrons réaliser quelque chose de bien et améliorer l’avenir.
Mais tant qu’ils nous séparent, en continuant de parler de guerre et en nous encourageant à haïr, nous ferons du sur-place.
Car aujourd’hui après 22 années, la question principale, le sujet favori parmi nos dirigeants politiques est de savoir : « Qui est coupable ».
Mais est-ce encore important ?
Coupables sont tous les gens qui ont mis en place cette guerre…
Et après tout, nous sommes ici pour maintenir l’héritage, la mémoire de nos morts, afin de reconstruire notre pays dans le seul but de la paix et de l’amour parmi nous qui nous vient par décision d’une force supérieure.

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VoCE sur les ondes

 Interview de Mascha Join-Lambert, présidente de Voce 2014-2018 et Claude Bouveresse, membre de l’association et chanteur de l’Ensemble 20.21., dans l’émission Citoyens du Monde sur RCF Savoie, le 24 mai 2017.

RCF : Mascha, quelques mots pour préciser votre projet et votre idée d’origine. MJL : L’idée est simple. Nous avions 5 années pour contempler une époque qui n’a laissé indemne aucune famille en Europe. Une idée double, un projet double : commémorer – c’est-à-dire « mémorer » ensemble – pas chaque pays pour soi, mais commémorer internationalement cette époque, et deuxièmement, pas seulement voir tout le mal, toute la violence, mais voir ce que j’ai appelé « le désir de l’Humain », et qui est la force qui a permis après, non pas de sur-vivre, mais de re-vivre.
RCF : On parle de la guerre de 14-18.
MJL : Nous parlons de la Première Guerre Mondiale, nous contemplons les années 1914 à 1918, qui en réalité font 5 années.
RCF : Comment, par rapport à votre parcours, cette idée a-t-elle germé ?
MJL : Cette idée a cheminé d’abord de manière plus ou moins explicite. Ceux qui l’ont tout de suite bien comprise, c’étaient Stephen Hessel quand je l’ai exprimée à Berlin en 2010 et les initiateurs des Dialogues en Humanité, Geneviève Ancel et Patrick Vivray de Lyon, et je dois leur en être très reconnaissante. D’ailleurs, la fête fraternelle, c’est une idée de Geneviève Ancel. Mais celui qui a le mieux expliqué, compris d’emblée, ce que veut dire le désir de l’Humain comme force de vie, a fait la guerre. C’est Monsieur Louis Besson, qui m’a raconté tout de suite : « mon père était téléphoniste au devant des lignes, et le jour où il s’est trouvé en face de son homologue allemand, au lieu de tirer très vite, aucun des deux n’a tiré. » Voilà le désir de l’Humain, qui après a permis au père de M.Besson de fonder une famille – au soldat allemand sans doute aussi – et qui a donné une force morale pour revivre et non pas survivre. C’est là toute l’idée du projet.
RCF : Cela veut dire que vous avez fait une proposition pour que les Européens se redécouvrent mutuellement dans des rencontres internationales et par la musique.
MJL : Mon parcours qui m’a amené à cela : j’ai été allemande d’abord, franco-allemande ensuite, et aujourd’hui, je suis grand-mère d’une famille européenne. Toute ma vie, ce qui m’a intéressée, c’est de travailler à ce « plus jamais ça », qui vient de la Première Guerre, mais encore plus de la Seconde Guerre Mondiale. Or, il faut bien admettre que ce « plus jamais ça » , malheureusement, est teint de beaucoup d’hypcrisie. Nous n’avons pas pu empêcher des guerres en dehors de l’Europe, ni d’ailleurs les guerres des Balkans, mais surtout nous n’avons pas vu, et nous ne voyons peut-être toujours pas, la violence sociale qu’exerce le primat d’une certaine rationnalité sur nous tous, et notamment sur les plus fragiles. Et donc, j’ai passé ma vie à ATD Quart-Monde pour rendre accessible à chacun de résister à cette violence sociale, de dire à chacun « tu es valable, et tu es capable d’être pleinement citoyen et de faire quelque chose.
RCF : Dans ce projet européen, qui est fort certainement, comment les membres des chorales ont adhéré à ce projet, et pour quelles raisons ?
CB : Quand Mascha nous a présenté, sur un plateau, son idée et son projet, nous nous sommes dits qu’il fallait qu’on le bâtisse ensemble, qu’on le fasse vivre. Nous avons élaboré d’abord un programme de rencontres avec 5 ou 6 nationalités européennes, avec des chorales de toute l’Europe, à la fois pour faire connaissance, un aspect convivial, un aspect découverte des autres, et aussi un aspect artistique. Puisque Mascha est venue nous interpeller en tant que choristes, nous nous sommes interrogés sur ce que l’on pouvait faire sur une durée de 5 ans, ce qui est intéressant de s’inscrire dans la durée, comme projet artistique de rencontre. Donc au cours des rencontres, on se voit environ une semaine, on répète, il y a un concert final de toutes les chorales ensemble, et en même temps, il y a des conférences, des visites sur le terrain. C’est quelque chose de vraiment très enrichissant et très convivial.
RCF : Quels sont les pays qui aujourd’hui participent à ce projet ?
CB : Il y a deux chorales françaises de Savoie, l’Ensemble 20.21. et Vocalam, nous étions déjà en relation avec un chœur polonais, Cantilena, il y a également un chœur de jeunes belges, de Louvain la Neuve, des allemands, des bosniens, et nous ont rejoints en 2016, des gens de Hongrie et des gens de Roumanie, qui ont d’ailleurs été tellement enthousiastes à l’idée de s’intégrer à ce projet, que en 2017, nous serons invités en Roumanie cet été.
RCF : Avec énergie et enthousiasme, nos deux invités sont pour le rapprochement direct des Européens. Vous avez aussi un projet avec des jeunes.
MJL : Avec des jeunes qui apprennent ce B.A.BA des citoyens du monde, qui est exprimé par le chant de la paix que nous avons interprété l’année dernière en Pologne, qui dit j’aime mon pays, et c’est parce que j’aime mon pays que je peux comprendre que l’autre aussi aime son pays. Et c’est tout l’enjeu de ces Ecoles d’Eté pour la Paix que nous organisons dans une formule jeune, avec des participants des mêmes pays. Nous sommes en train de préparer une session à Péronne, dans la Somme, la semaine prochaine. Une participante de Pologne écrit dans sa lettre de motivation : « je suis venue pour la première fois il y a deux ans, simplement parce que je voulais améliorer mon anglais. J’ai tant appris et tant changé, que j’ai pris la responsabilité l’année d’après d’organiser une rencontre, et que je ne veux en rater aucune dans l’avenir ». Ou un jeune allemand, originaire de Macédoine, écrit : « je ne comprends pas que dans les Balkans, tant de gens croient que une solution, c’est de se taire sur la Guerre des Balkans. Le silence n’apporte rien, je veux, avec d’autres, réfléchir à cette question : comment trouver la vérité, parler de la vérité et trouver la paix à travers cela. » Je voudrais aussi vous dire que nous recrutons, nous serions heureux de trouver des jeunes adultes, au-delà de 18 ans, engagés dans une association qui, d’une manière ou d’une autre, œuvre pour la paix, pour nous rejoindre.
RCF : Vous avez, je crois, un projet de rassemblement en Savoie en 2018
CB : Notre projet se terminera en principe en deux volets. Une première partie en Savoie début août 2018, avec un concert inaugural du Festival des Nuits d’été dans l’Avant Pays Savoyard, avec une création mondiale d’un compositeur contemporain, Thierry Machuel, avec lequel nous avons déjà travaillé. La deuxième partie, ce sera en novembre 2018, à Berlin, dans le cadre d’un festival pour la paix.

Pour écouter l’émission dans son intégralité :

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Assemblée générale de l’association VoCE

Les hasards du calendrier font bien les choses, c’est le jour du 60e anniversaire du Traité de Rome, fondateur de l’Union Eropéenne, que les membres de l’association VoCE 2014-2018 se sont retrouvés pour leur assemblée générale annuelle, le 25 mars dernier.
Toutes les personnes présentes ont exprimé leur immense satisfaction suite à la grande réussite des actions menées en 2016, consacrées à la découverte commune de la Pologne pour des français, des belges, des allemandes, des bosniens, des hongrois et des roumains, que ce soit à Lublin pour le projet des jeunes, ou à Wroclaw pour le projet des chœurs. L’effort partagé de chanter, de danser, de s’approprier la poésie d’une langue étrangère et la convivialité ont empli les journées et soirées de ces deux évènements et chacun s’accorde à dire qu’ils ont abouti au rapprochement entre tous les participants. La rencontre de Lublin au printemps constituait  la  quatrième étape d’un parcours de formation citoyenne et artistique dont l’objectif est de renforcer le partage d’engagements civiques entre jeunes adultes européens, à travers des ateliers de réflexions, des rencontres, des visites et des temps de création artistique autour du théâtre et de la danse. D’autre part, en juillet, 125 choristes , venus de Pologne, de Roumanie, de Belgique de Hongrie et de France (les chœurs savoyards de Vocal et 20.21.) s’étaient rejoints pour se découvrir, découvrir la Pologne, imaginer des chemins de souvenir vers la paix. Par des échanges interactifs entre artistes et spectateurs, choristes et historiens, de différentes nationalités, les participants ont retrouvé  différents événements de l’histoire collective et les histoires individuelles : répétitions, conférences, concerts dans les trams, visite d’un cimetière militaire… sans oublier le concert final à l’auditorium du conservatoire de Wroclaw.
Après le traditionnel rapport moral de sa présidente, Mascha Join-Lambert, les membres de l’association VoCE, toujours résolument tournés vers l’avenir, ont pu échanger sur les actions prévues en 2017, qui se dérouleront à Péronne et en Roumanie, à Cluj et à Viscri, au cœur de la Transylvanie. Ce sont de nouvelles découvertes et de nouvelles problématiques en perspective, notamment la cohabitation des différentes communautés roumaines et hongroises, mais aussi de nouvelles rencontres puisque  200 choristes vont interpréter un nouveau concert sur le thème du Silence de Babel. Les échanges se sont poursuivis par les réflexions sur les évènements qui devraient marquer l’année 2018, hautement symboliques, ici en Savoie, ainsi qu’à Berlin pour une Fête de la Paix. Des européens heureux de l’être existent, nous en avons rencontré !

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Summer Peace School Viscri

Viscri, petit village de Transylvanie (Roumanie), de quelques centaines d’habitants. C’est ici que les femmes du village, grâce à l’argent collecté par la confection de chaussettes en laine, désormais exportées en Allemagne, ont pu soutenir les habitants et contribuer à améliorer: créer une école, trouver un médecin, etc.
C’est ici aussi que se tiendra la 6e VoCE Summer Peace School de l’été 2017.

Du 23 août au 2 septembre 2017, les jeunes déjà réunis à Peronne (France) au printemps, se retrouveront pour poursuivre leurs réflexions et leurs créations théâtrales avec la comédienne Astrid Rashed. Leur projet sera placé sous le thème « De la violence à la paix: émotions, motions et paroles ».

Comme le projet VoCE en a maintenant l’habitude, la Summer Peace School déclinera temps de travail, rencontres et moments artistiques.
Mais le projet de l’été 2017 aura une couleur bien particulière, pour deux raisons. La première, c’est qu’une partie du séjour se déroulera à Cluj: ceux qui suivent régulièrement nos aventures l’auront compris, les jeunes viendront à la rencontre des choristes de l’autre versant du projet VoCE. Ils seront ainsi les spectateurs privilégiés des répétitions et des concerts qui s’y dérouleront.
Ce qui fait également l’intérêt de ce projet est sa situation à Viscri. Bien sûr, le village est classé au patrimoine de l’Unesco, bien sûr, il est considéré comme un petit coin de paradis préservé des vicissitudes de notre monde moderne. Mais imaginez un peu: quelle belle rencontre pour ces jeunes engagés pour la paix, que d’aller à la rencontre des habitants de Viscri, et de vivre à leurs côtés pendant quelques jours, pour partager en direct cette expérience, locale, modeste et géniale de solutions humaines à des problèmes humains…
Voir la présentation du séjour: Programme Prévisionnel Viscri
See informations about the People of Viscri
: Viscri in English
In German language: Vorstellung von Viscri und dem Verein

 

Summer Peace School à Péronne

peronne2« De la violence guerrière au dialogue de paix: le rôle de l’écriture, de la parole et de la poésie », tel est le titre donné à la Summer Peace School du printemps 2017 (21-27 mai).
Les VoCE – Summer  Peace Schools  se sont lancées en 2014. Elles invitent 4-6   jeunes adultes (18 – 30 ans)  de France, de Roumanie, de Pologne et d’Allemagne, qui sont déjà engagés là où ils vivent,  pour créer la paix (dans un projet pour l’environnement, une initiative sociale, politique, internationale…) à se réunir avec d’autres Européens, pour apprendre les uns des autres et découvrir ce qui les rapproche.
En 2017, c’est à Péronne que se tiendra cette nouvelle rencontre du projet de VoCE pour les jeunes, ancrée autour du site de l’Historial de la Grande Guerre (France).

A partir des visites sur place, et des lectures, avec l’aide de Mme Evelyne Damay de l’équipe de l’Historial,  nous partagerons nos émotions, nos réflexions et les traduirons dans le langage du corps, aidés par l’actrice Astrid Rashed de Berlin.
Les jeunes participants à cet évènement pourront se rendre sur les différents lieux de mémoire des batailles de la Somme, Beaumont, Thiepval, Amiens… Ils partageront leurs expériences, leurs émotions et leurs réflexions sur l’idée de la mémoire, de la paix… Pour cela, ils s’appuieront sur des textes d’écrivains et de poètes dans la guerre : écrire dans, malgré et contre la violence, la souffrance, l’ idéal, le rêve, le deuil….
Ce sont d’ailleurs ces textes qu’ils auront choisis, ainsi que leurs écritures personnelles qui seront les supports du travail artistique, de théâtre, de mise en voix et en corps de cette session. Les participants auront la chance d’en donner une restitution à l’Historial!
Chaque jour connaîtra un temps en groupe : revue de presse internationale, présentation d’un des pays représentés, évaluation de l’avancée du groupe….sans oublier la fête !
Si vous souhaiter participer: VoCE Summer Peace Schools Péronne 2017
See the presentation in English: Eng_VoCE Engl Summer Peace Schools Péronne 2017
La Summer Peace School a reçu le soutien de l’Union Européenne, dans le cadre du programme Erasmus Plus

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Les chanteurs de VoCE bientôt en Roumanie

Il y a quelques mois, nous publiions ici-même un précédent article, présentant le séjour des choristes participants au projet VoCE à Wroclaw, en Pologne.
Les organisateurs et les participants de VoCE sont très émus et très fiers de publier un article semblable aujourd’hui, pour présenter, cette fois, le projet de rencontre de 2017.
C’est à Cluj, au nord-ouest de la Roumanie, que les chanteurs vont se retrouver à nouveau, le 21 août prochain. La ville de Cluj a la particularité d’être bi-culturelle, à la fois roumaine et hongroise, à cause de son histoire riche et mouvementée. C’est d’ailleurs la diversité culturelle que les chefs de chœurs ont choisi de mettre en avant en 2017, avec le thème de Babel et sa tour des langages (après les Stones of Memory de 2017). Le programme de cette nouvelle édition autour du Psaume 137 (Sur les Rives de Babylone), versions grégoriennes et gospel de ce psaume, le chœur des esclaves de Verdi, et également Dark Like me de Thierry Machuel, et Al Naharot Bavel de Salomone Rossi. Ce compositeur italien de confession juive a écrit des œuvres dans le plus pur style baroque, mais en conservant certains textes bibliques en hébreu… vous avez dit « langages »?
Les différents temps forts vécus à Wroclaw ont tellement séduit les choristes par leur grande valeur humaine et symbolique, qu’ils ont souhaité les reconduire en 2017: performances dans les lieux publics comme les tramways, les stations de bus, les places publiques, dont l’une spécialement dédiée à l’Hymne à la joie (Hymne européen!), découverte du patrimoine de Cluj et de ses environs proches, sans oublier les moments plus festifs, célébrant les liens d’amitié que les différents chœurs ont su nouer depuis 3 ans.
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Pour mener à bien cette expérience avant tout musicale, les choristes auront besoin de répéter quotidiennement, d’autant qu’à Cluj, deux concerts sont programmés. Outre le grand concert final, qui aura lieu le samedi 26 août à l’University Concert Hall, et dont nous avons dévoilé une partie du programme ci-dessus, les chefs de chœur ont tenu à donner, à chacune de leurs formations, l’occasion de chanter une partie de leur répertoire propre, pour mieux se connaître et se faire connaître. Ce deuxième concert aura lieu le vendredi 25 août au Central Park de Cluj.
Nous sommes d’ailleurs très heureux d’accueillir de nouveaux participants en 2017: les chanteurs du Neue Chor de Berlin, dirigé par Arndt Henzelmann. Avec le chœur de Cluj dirigée par Botond MOLNAR (Roumanie) qui nous accueille,  le chœur Cantilena, dirigé par Artur WROBEL (Pologne),  la Chorale universitaire de Louvain-la-Neuve dirigée par Stefano POLETTO (Belgique), la Chorale Corona dirigée par Tijana VIGNJEVIC (Bosnie), the Ageless Music Lovers’ Choir dirigée par Viktor MAGYAROVARI (Hongrie) et les Ensembles 20.21 et Vocalam dirigés par Cyrille COLOMBIER (France), nous serons encore plus nombreux à participer à ce grand événement! Se souvenir, parler, dialoguer, et toujours chanter et vivre ensemble pour construire la paix.

Voyage à Peronne

Voyage à Péronne, novembre 2016, avec Claude et Claude Bouveresse
par Mascha Join-Lambert, VoCE 2014-2018

Le Château de Péronne qui héberge l’Historial, cette grosse enceinte de briques arrondies qui se pose au milieu des eaux calmes, larges, planes, où les canards se jouent des cris de guerre, m’accueille dans ses bras, comme à chaque fois que je m’approche.

Cette ville qui, dans la nuit des temps, fut fière, souffle sa mélancolie. Ces maisons en briques rouges, ce pays de vastes champs labourés aux bords desquels attendent, en compagnie de corbeaux rauques, les longues rangées hautes de betteraves, rappellent le Nord de l’Allemagne.

Historial a réorganisé l’entrée de l’exposition permanente : les voiles doux  qui rappelaient sur leurs images, au rythme de la valse du souffle de l’air,  la vieille Europe insouciante de ce chaud été 14,  ont dû céder à des explications sur la brutalité des guerres d’avant 1914. Et c’est instructif car elles répondent à notre incrédulité face à l’explosion de violence.  Non, ce que voit un Otto Dix ne vient pas subrepticement déchirer le voile de la somnambulation inconsciente: les guerres coloniales, russo-japonaise, celle des Balkans en 12/13…,   avaient donné à voir la furie du mépris des peuples de ce monde hormis le leur propre, dont les nations de l’Europe s’étaient investi. A voir cela aujourd’hui, connaissant ce qu’il en advint, on se dit que cette explosion du mépris, tout en tuant les autres,  portait le premier coup mortel à leur propre civilisation, la nôtre.

Dans les salles, je tombe sur un ordre de séquestration par une Kommandatur sous le Baron v. Puttkamer et je pense à une amie chère, descendante de cette famille, qui, il y a quelques années encore, se demandait ce que l’Allemagne serait devenue si  la guerre « s’était bien finie »…. !  « Nous n’avons pas beaucoup de visiteurs allemands », me confie une dame du staff de l’Historial.

Thiepval : Nous découvrons ce site. Il me semble illustrer le sentiment de puissance que le Commonwealth a besoin d’affirmer comme  pour se prévenir d’un doute qui pourrait monter de toutes ces tombes à ses pieds. Comme si tous ces morts, peut-être, pourraient semer un doute qu’il faut stranguler, empêcher de germer, d’emblée.   Quelle disproportion pour les yeux d’aujourd’hui, quel recalibrage demandé aux Britanniques !

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Le nouveau musée de Thiepval m’apparaît plus anecdotique que thématique, avec cette immense fresque du « premier jour de la Bataille de la Somme » vu du point de vue anglais, et cet avion de Guynemer. Je constate à plusieurs reprises le respect des Anglais pour l’ « As des As » de l’aviation allemande, Manfred v. Richthofen, c’est le fair-play entre égaux. J’aperçois la photo d’un officier allemand de l’aviation : même cadre, même couleur, même uniforme,  même décoration, même attitude,  même regard, que le portrait familier de mon oncle Carl Cleinow, le frère cadet de mon grand-père, dont l’avion avait été atteint ici dans la région au printemps 18 alors qu’il venait d’échapper à la mort sur le front russe  -

Et alors je dois sortir à grand-pas, crier « Scheisskrieg » et taper dans quelque chose, taper encore, et heureusement, les amis Claude Bouveresse sortent, une drôlerie aux lèvres….

Dehors, des milliers de messages anglais imprimés sur des « poppies » en plastique, plantés dans le talus. Quasiment tous les jeunes écrivent : « merci – votre sacrifice nous permet de vivre libres aujourd’hui » – je trouve une fois : « Merciless murderous generals« (Vous autres Généraux, assassins, sans pitié), une fois « Plus jamais la guerre – restons dans l’UE ».  Nous n’avons lu qu’une fraction, mais voilà des sensibilités très différentes. Et nous ne partageons pas avec des Anglais au sein de VoCE, c’est un fait.

Lectures passionnantes à l’Historial : je retiens les appels pressants à réfléchir à notre actualité. Un article traite des « Marginaux, marginalité, marginalisation »[1],  puis, le petit ouvrage « 14-18, retrouver la guerre » de 2000[2]  attire mon attention. Les auteurs réfléchissent à la « présence croissante » de la Grande Guerre dans la littérature et parmi les historiens. Ils nous proposent de l’expliquer par l’interpellation par la guerre des Balkans de 1992 : on croyait la Grande Guerre finie avec la fin de l’Union Soviétique et le Traité de Maastricht – elle revient par la résurgence du nationalisme. Les auteurs l’interprètent comme une manifestation du « deuil inachevé », par « le poids des morts sur les vivants ». Mon expérience personnelle en Allemagne de l’Est de 1990 à 2011 me donne à penser que cette interprétation pourrait viser juste.

Les auteurs approfondissent alors cette persévération du deuil, mais aussi la violence  persistante malgré son insupportable emprise : « les hommes nouveaux nés de la Grande  Guerre  (dans les régimes totalitaires) n’ont pas tardé à se muer en assassins », et se penchent  sur les sentiments de croisade et de sacrifice qui nous semblent irrecevables aujourd’hui. Les auteurs notent « la capacité d’attraction de ces atroces ferveurs sur les ‘ hommes nouveaux ‘ nés de la Grande Guerre.». Nous retrouvons sa force, exercée sur une fraction de la jeunesse actuelle, prête à se faire exploser pour des représentations du monde  qui rappellent les attentes messianiques de la Grande Guerre.

Ecrivains dans la Guerre : l’exposition temporaire à l’Historial s’appelle « Nous sommes des machines à oublier ». Je veux clore avec cette citation de Joël Bousquet[3] :

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« Ecrire l’œuvre d’invention
qui passerait sur la vie des hommes
pour arriver jusqu’à eux
et les toucherait hors de toute saison,
leur rendrait leur cœur
en leur rendant leurs yeux
l’œuvre dont l’invention
m’ arracherait à l’asservissante convention
d’ écrire et de me souvenir ».

 

[1]In : 14-18 Aujourd’hui, No.4/ Ed. Noesis, 2001 ; Article de Jay Winter sur le Front Est. Note jointe.
[2] Par Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, Ed.Folio-Histoire, 2000.
[3]Joël Bousquet, « Au Pré de mon Ombre…ou La vie est ronde », Fata Morgana Edition, 2007 ; Guillaume de Fonclare, « Joë », Paris, Stock, 2014

Afternoon at Staromiejski Park

On the afternoon of July 30th 2016, as the sun is shining on Staromieski Park, children are playing, young families are pushing their babies in prams, young ladies are having  a merry picnic.
But something is getting ready…
Some ladies, dressed up as of old, carrying bundles of clothes, are sitting on benches. Tables are brought up, around which people start playing or chatting.
IMG_4023 Some traditional Hungarian or Bosnian songs are heard…
This marks the beginning of the « Stones of Memory » project: for several hours, city residents are going to share these moments symbolizing memory, friendship, music, or simply the pleasure of being together.                             IMG_4009
That way, choristers are able to listen to a lady from Wroclaw bearing witness of the story of her own family. In spite of the language barrier, her participation through words, listening and human exchange is both moving and happy. (to read the story: personalfamilystory)
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If they wish, people who are here can also write a testimony of their family memory, or simply leave a trace of their presence in the park, and in this project.

On one side of the lawn, young women from Cluj University Choir(Rumania) lead children and their parents into dancing and singing traditional songs or nursery rhymes. Music and popular traditions show they are just another means of sharing the happiness of family life and celebrating memory.

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Further away, you can see some choristers of different nationalities and ages playing an improvised game of frisbee. There are no such things as sport games or intellectual games to meet and share moments of sheer happiness.             IMG_4079

The expression « playing music » is quite meaningful. And singers taking part in the « Stones of Memory » project don’t forget that « playing music » together is their first and primarily hobby.
Another surprise is proposed to visitors in Staromiejski Park: a sound painting performance, a kind of group improvisation based on hand signs. All 130 choristers take part under the leadership of Cyrille Colombier, artistic director to the VoCE project and choirmaster of the French 20.21 Vocal Ensemble. This leads to very personal ways of expressing vocal or acting talents in different sung or spoken languages, which in turn merge with the sounds in the park, water rippling from the fountain, children’s laughter and distant traffic and tramway noises.
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