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Summer Peace School à Péronne

Cinq Summer Peace Schools déjà pour le projet VoCE!
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Cette édition, qui s’est déroulée du 21 au 27 mai 2017, a constitué en un travail d’écriture et de théâtre, dans des lieux hautement symboliques et chargés d’émotions.
Ce sont les mots écrits par le groupe des participants bosniens qui pourront le plus rendre compte de l’importance et de la richesse humaine de cet évènement:

La guerre –
Chacune ressemble aux autres.
Des morts, des blessés, des torturés, des affamés, et des ruines….
Et à son issue, une fin.
La tristesse comme seul résultat, avec la douleur et les plaies.
C’était long à guérir mais un jour, c’était passé
Et vous les Européens, en êtes l’exemple vivant.
Il y a 100 ans, vous traversiez l’enfer, la haine et le conflit,
Et maintenant, vous êtes les forces motrices et fraternelles en Europe.
Après tout ce que vous avez traversé, après tout ce que vos ancêtres ont pensé, vous progressez, vous allez de l’avant.
C’est ce que vous nous avez montré durant ces quelques jours :
Vous passez du temps ensemble, vous visitez les monuments,
Vous échangez ensemble sur le passé.
Ayant conscience de ce qui s’était passé,vous les jeunes générations, vous êtes réunis désormais, et vous empêchez la mémoire de l’histoire d’être oubliée.
Mais nous autres – petit pays Bosnie-Herzégovine, dont beaucoup n’ont jamais entendu parler,
Nous traversons la tristesse depuis vingt-deux années et nous les comptons.
Nous avons perdu nos familles,
Nous grandissons sans parents, frères ou sœurs…
Nous nous efforçons de nous dépasser mais nos blessures sont encore fraîches et ne se referment pas.
La cause en est, pour l’essentiel, nos Présidents.
Les monuments, cimetières, musées que nous avons vus ici ont éveillé en nous de la compassion et du regret.
Nous aimerions tant que notre pays en fasse de même !
Comment pourrions-nous, un jour, vous montrer cent-pourcent de notre histoire et vous faire ressentir ce que nous avons ressenti pour vous !Nous voulons dire que face à Dieu nous sommes tous égaux,
Des frères et des sœurs
Et que tous les enfants sont nos enfants et que tous les morts sont nos morts.
Nous pensons que nous ne pouvons pas séparer par pourcentages tous ces gens qui sont morts pour leur pays et pour la liberté.
Et donc nous avons besoin d’ériger un monument afin qu’ils ne soient pas oubliés.
Nous espérons que nos politiciens deviendront, un jour, actifs
Et qu’ils comprendront que c’est seulement ensemble que nous pourrons réaliser quelque chose de bien et améliorer l’avenir.
Mais tant qu’ils nous séparent, en continuant de parler de guerre et en nous encourageant à haïr, nous ferons du sur-place.
Car aujourd’hui après 22 années, la question principale, le sujet favori parmi nos dirigeants politiques est de savoir : « Qui est coupable ».
Mais est-ce encore important ?
Coupables sont tous les gens qui ont mis en place cette guerre…
Et après tout, nous sommes ici pour maintenir l’héritage, la mémoire de nos morts, afin de reconstruire notre pays dans le seul but de la paix et de l’amour parmi nous qui nous vient par décision d’une force supérieure.